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oct 16

le lundi absent

Molécule d'Adrénaline

Molécule d’Adrénaline

Tiens, encore un lundi qui saute !

Cela devient une habitude, non ?

Mais laissez-moi vous expliquer ce qui a retenu mon intention

Imaginez que vous travaillez d’arrache-pied sur un projet tout le week-end de l’action de grâce. Vous remerciez le ciel de ses bienfaits ? Bien sûr que non, vous vous occupez d’accoucher d’un simple énorme petit projet bien compliqué. Vous dormez trois heures par nuit puis travaillez pendant 12 ou 15 heures d’affilées. Il arrive un moment où votre corps ne se maintient dans son action que grâce à cette petite molécule qui parcourt vos muscles, votre sang, votre esprit. Vous ne pensez à rien d’autre tant la limite de la folie vous semble éloignée, loin derrière vous, après l’avoir franchi voilà plusieurs jours déjà.

C’est une véritable virée à travers la ville de nuit aux lumières chatoyantes qui s’irisent à votre regard quand le pas se succèdent au pas au rythme d’une fatigue lancinante et dont le but final est le seul à vous maintenir en vie. Le cœur pompe à chaque moment et vous redoutez le soubresaut qui n’arrive jamais sinon pour vous indiquer à quel point vous êtes en dehors de vous-même.

C’est une sensation agréable et indéfini de pur moment de bonheur où il vous semble touchez du doigt le dieu créateur quand vous vous poussez jusqu’au bord, aux limites de votre propre résistance, flirtant avec l’interdit ! Et quand, finalement tout s’arrête, quand vous retrouvez vos méritantes pénates, tout se relâche et le fil qui vous retenait casse.

Écroulé sur votre lit, vous partez dans un sommeil agité sous les assauts incessants de l’adrénaline encore bien présente. Vous dormez d’un sommeil sans rêve. Après tout, vous venez d’en vivre un pendant trois jours ! Et durant ce laps de temps, ce jour de grâce où les familles les rendent à Dieu en mangeant, buvant, festoyant d’un diner gras et prolifique, vous vous videz de votre énergie pour mieux la récupérer, plus tard.

Enfin, lorsque l’œil s’ouvre enfin, on est déjà le lendemain et vous venez de vous rendre compte qu’une journée vient de s’écouler sans vous en rendre compte une seule seconde. Elle a totalement disparu et même si vous pensez l’avoir vécu, ce n’est qu’un vague sentiment, un vague souvenir, bercer de douces illusions dans le brouillard de ce week-end dantesque.

Alors sur la date se lit mardi et il n’y a qu’un seul sourire qui puisse l’accompagner… car, après tout, vous détestez les lundis, non ?

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