oct 21

Un monde parfait

crépuscule de l'illusionVous vous souvenez de cet exercice que l’on nous donne à faire à l’école ? Celui, de notre tendre enfance, où l’on nous demandait de décrire le monde tel que nous aimerions le voir, sans guerre et sans violence.

Vous vous souvenez, dans ces pages, la beauté et la candeur transparaître d’une touche d’illusion ? A refaire le monde du haut de votre mètre, sans aucun reproche, ni aucune contrainte ! Et la pensée de perdurer encore et toujours, seul ou à plusieurs, réinventant ce que le mot pouvait, en substance, signifier !

Alors un jour, bercer par votre cœur, il se soulève au bonheur de voir apparaître à vos yeux la joie et l’allégresse des possibilités de ce monde ainsi créé.

Dans ce monde parfait, les gens seraient connectés les uns aux autres, sur la toile du réseau, jamais totalement séparé par la distance, à communiquer ensemble et partager ses ressemblances.

Dans ce monde parfait, l’accès à la connaissance serait si facile que des révolutions sans violence amènerait la liberté aux femmes et aux hommes de chaque pays.

Dans ce monde parfait, l’entraide serait de donner sans même penser à recevoir, de réagir à la catastrophe dès qu’elle survient et de fournir un toit et un repas à un enfant en détresse.

Et plus personne ne serait jamais seul.

Et plus personne ne serait jamais triste.

Et plus personne ne serait jamais oublié.

Mais c’est un monde parfait au regard d’un enfant ou bien d’un adolescent, et même certains d’entre-eux arrive à voir à la supercherie.

Il faut bien un jour grandir et voir s’étendre, autour de nous, le Crépuscule de l’Illusion. Il faut, un jour, faire face à sa propre réalité.

Dans ce monde parfait, la communication n’aura jamais été autant aussi difficile. A force de se parler, à tort, à travers, par tous les moyens qui bourdonnent à nos oreilles, on en oublie le sens et le poids des maux, à blesser par la parole les êtres qui nous sont proches.

Dans ce monde parfait, la connaissance croule sous les invraisemblances, chacun y participe de sa propre vérité, effaçant la recherche et la réflexion par la facilité de croire au discours du plus grand nombre.

Dans ce monde parfait, l’entraide n’est que la façade pour se dédouaner et s’alléger une conscience. L’entraide n’existe que par la misère, que ce soit dans les deux sens, l’enfant meurt toujours de faim.

Et nous sommes toujours aussi seul parmi les autres.

Et nous sommes toujours aussi triste quand autour de nous n’est prôné que le bonheur.

Et nous sommes toujours oublié, comme nous oublions toujours ceux qui compte ou qui ont compté, en bien ou en mal, un moment ou à un autre.

Alors un jour, sans s’en apercevoir, nous devenons vieux à notre tour avec ou sans famille, à attendre la mort, seul, et nous nous souvenons avec délice, en voyant les enfants vivre autour de nous, qu’un jour nous y avons crû, comme eux, à ce monde parfait, en écrivant nos rédactions ! Un jour, il n’y a pas si longtemps, nous vivions notre propre Illusion et qu’Elle perdurera tant que la vie, elle-même continuera.

Ce n’est pas la perfection qui nous fait avancer, mais l’Illusion de l’atteindre, un jour. C’est peut-être en cela que réside la beauté de ce monde parfait ? Quelque part, à mi-chemin entre le soir et le matin, dans un Crépuscule sans fin à voir le monde respirer, d’un seul cœur, d’une seule âme, dans les silences où s’échappent des milliers de mots, un cri de joie et de bonheur avant de crier dans le dernier souffle d’un sourire serein : un jour, moi aussi, j’y ai crû, à ce monde parfait… !

oct 16

le lundi absent

Molécule d'Adrénaline

Molécule d’Adrénaline

Tiens, encore un lundi qui saute !

Cela devient une habitude, non ?

Mais laissez-moi vous expliquer ce qui a retenu mon intention

Imaginez que vous travaillez d’arrache-pied sur un projet tout le week-end de l’action de grâce. Vous remerciez le ciel de ses bienfaits ? Bien sûr que non, vous vous occupez d’accoucher d’un simple énorme petit projet bien compliqué. Vous dormez trois heures par nuit puis travaillez pendant 12 ou 15 heures d’affilées. Il arrive un moment où votre corps ne se maintient dans son action que grâce à cette petite molécule qui parcourt vos muscles, votre sang, votre esprit. Vous ne pensez à rien d’autre tant la limite de la folie vous semble éloignée, loin derrière vous, après l’avoir franchi voilà plusieurs jours déjà.

C’est une véritable virée à travers la ville de nuit aux lumières chatoyantes qui s’irisent à votre regard quand le pas se succèdent au pas au rythme d’une fatigue lancinante et dont le but final est le seul à vous maintenir en vie. Le cœur pompe à chaque moment et vous redoutez le soubresaut qui n’arrive jamais sinon pour vous indiquer à quel point vous êtes en dehors de vous-même.

C’est une sensation agréable et indéfini de pur moment de bonheur où il vous semble touchez du doigt le dieu créateur quand vous vous poussez jusqu’au bord, aux limites de votre propre résistance, flirtant avec l’interdit ! Et quand, finalement tout s’arrête, quand vous retrouvez vos méritantes pénates, tout se relâche et le fil qui vous retenait casse.

Écroulé sur votre lit, vous partez dans un sommeil agité sous les assauts incessants de l’adrénaline encore bien présente. Vous dormez d’un sommeil sans rêve. Après tout, vous venez d’en vivre un pendant trois jours ! Et durant ce laps de temps, ce jour de grâce où les familles les rendent à Dieu en mangeant, buvant, festoyant d’un diner gras et prolifique, vous vous videz de votre énergie pour mieux la récupérer, plus tard.

Enfin, lorsque l’œil s’ouvre enfin, on est déjà le lendemain et vous venez de vous rendre compte qu’une journée vient de s’écouler sans vous en rendre compte une seule seconde. Elle a totalement disparu et même si vous pensez l’avoir vécu, ce n’est qu’un vague sentiment, un vague souvenir, bercer de douces illusions dans le brouillard de ce week-end dantesque.

Alors sur la date se lit mardi et il n’y a qu’un seul sourire qui puisse l’accompagner… car, après tout, vous détestez les lundis, non ?

oct 08

Le petit être poilu au duvet naissant

Le premier d’entre-eux, trentenaire qui tente de rester jeune, rentre dans la voiture, passager arrière, s’esclaffe en voyant mon panneau interdit de s’engueuler, puis reste silencieux pendant un moment.

Ça se passe souvent comme ça avec les voyageurs de passage. Ils parlent un moment puis s’arrêtent, toujours, avant de reprendre un peu plus loin, briser la monotonie du voyage. Deux autres voyagent avec nous. Une femme de quarante ans, assise à l’avant, regardant d’un air distrait les panneaux s’enchaîner sur le rebord. Les kilométrages ne sont pas toujours indiqués, mais elle n’en rate aucun, comptant chaque moment et l’annonçant à mi-voix pour elle-même la plupart du temps.

Enfin le troisième est un jeune encore au Cégép. Il porte une barbe naissante, ou plutôt un duvet léger qui macule sa peau encore tendre d’enfant. Il n’a pas plus de 18 ans, l’éphèbe, et se recroqueville les épaules pour mieux se tasser sur son siège. De temps en temps, l’hormone lui titille la glande et il bombe le torse, sort sa crête le jeune coq, mais bien vite il est renvoyé dans son silence par le premier passager qui s’horripile de voir ainsi tant d’immaturité !

Kilomètre 62, lance à la volée la mère de famille.

Il est dans l’angle de rétroviseur, visage serein, les yeux pleins d’entrain, mais les manches retroussées dévoilent un tapis de poil si intense que ça semble irréel ! La barbe n’est pourtant pas si voyante, mais le corps semble, lui, suppurer de pilosité !

L’autre à côté de lui le toise. Il répond pas un haussement. Tout son corps participe de l’effort et ce ne sont pas que ses épaules qu’il soulève, mais sa tête, les bras et le torse, même son cœur, ses poumons et son estomac se soulève à la question.

Kilomètre 104, continue sur sa lancée la mère de famille.

C’est une grande fatigue qui se répand à l’arrière et le petit être poilu au duvet naissant envahie de son marasme la bonhomie hilare de l’autre. C’est une contagion que de voir la jeunesse si amère et indifférente. Alors on le provoque un peu, voir ce qu’il en ressort, mais juste un sourire de biais, à peine perceptible qui le ramène à sa taille, roulé en boule à l’arrière.

Il veut se cacher des regards, alors il met son casque, la musique, mélange de bruit et de cris, avec un peu de sucre populaire, une cuillère de sirop et il disparaît de la surface.

Kilomètre 137.

L’autre ne l’emmerde plus, il porte son attention devant. Il peut pas rester en place, bouge dans tous les sens et profite pour se redonner une certaine bonne humeur. Il n’arrive qu’à se donner bonne constance avec ses phrases de trentenaire en crise.

Qu’importe, le jeune est déjà loin, à surfer sur son téléphone, écrivant dans quelques langages secret, connut de lui-seul et de quelques milliers d’autres, des messages monosyllabique visant à retrouver sa bande d’amis et d’amies. Il pianote comme s’il était né avec et sourit de temps en temps. Quelque fois sa crête pointe le bout, il est fière de sa trouvaille.

Kilomètre 169.

Un jour il aura une barbe, une véritable barbe, le gamin. Pas un simple duvet qu’il porte pour faire grand. Un jour il conduira des passagers, comptera les kilomètres, lancera des blagues lourdes à la volée. Un jour, il aura grandit. Mais en attendant, il reste l’éternel gamin raillé par ses contemporains un peu plus âgé. Il ne peut se mettre en avant, pas assez d’expérience. Il ne peut pas, tout simplement.

Il déteste les autres, ces vieux, se dit qu’il ne sera jamais ainsi, surtout celui proche de lui qu’il ne cesse de lui titiller l’ego !

On arrive à destination. Il donne négligemment l’argent comme si ça ne comptait pas vraiment. Tout le monde se dit au-revoir et le premier passager va pour serrer la main. Sa manche se retrousse et dévoile un tapis de poil si intense que cela semble irréel. Etrange.

La femme vient alors au-devant.

_ Quelque soit le voyage, le nombre de kilomètres ne change jamais…

C’est une règle, qu’il faut se dire, tandis que mes trois compagnons repartent lentement vers de nouveau horizon. Je ne l’avais pas remarqué dans la voiture, mais mes deux passagers arrières font la même taille…

sept 30

Existence

Donnez-moi un million de mots, j’en tisserais une toile si résistante qu’elle recouvrira les murs et les objets d’un sens nouveau par-delà leur propre existence !

Dans ce crépuscule sans fin, il n’y aura plus de sortie, mais juste une simple entrée, plus d’enfants sacrifiés, mais des rêves effondrés, plus de peste littéraire, mais des poèmes de cristal fragiles qui se brisent en éclats…

Donnez-moi un millier de mots, j’en tisserais un voile jeté sur vos yeux aveugles, asséchés par votre matérialité !

Dans cette nouvelle aube, marcherez sur le plafond, le regard tourné au sol, à votre habitude de rue où le bas est un haut infini. Peut-être verrez-vous enfin les étoiles qui ne brillent que pour être vues ? Un sourire ou un geste, un mouvement du cœur et de l’âme… ?

Donnez-moi une centaine de mots, j’en tisserais un linceul sur le monde d’autrefois, celui mort qui vit encore, s’accroche à la réalité, pourrit les terres et les chairs !

Dans cet enterrement joyeux, la folle et le névrosé enfin libérés des tensions absurdes de la société, dans leur abstraction des sentiments impassibles ! La main du zombie retourne dans son cercueil, fière finalement…

Donnez-moi une dizaine de mots, j’en tisserais un nouveau lieu, une fable d’utopie littéral où viendraient se reposer et les esprits et les corps fatigués de ces héros anonymes !

Dans cette féerie blanche et vierge de sens, la page tachée de sang, noir vert ou jaune selon l’humeur, ne régnera que le silence…

Donnez-moi un seul mot, j’en tisserai une vie, et d’un simple nom, je lui insufflerais la vie, de son corps encore frêle criera de tout son être, son désir de vivre.

Dans cette naissance douloureuse, la création nouvelle grandira pour qu’un jour, de sa voix, sortirait un mot, une dizaine, une centaine, un millier, un million, une toile si complexe qu’il ne resterait que le silence, et le souvenir d’avoir été le monde avant d’en faire partie.

sept 23

L’engueulade merveilleuse

panneau_insolite.1373250.18C’était pourtant un départ comme les autres. A voyager un certain temps, on a vite fait le tour des compagnons : trois passagers m’accompagnaient, deux hommes, une femme. Trois inconnues qui ne se connaissaient guère plus mais qui, en quelques heures, n’ont pas vraiment sympathisé, mais dont le rapprochement brutal résonne encore en moi comme une étrangeté dont j’aurais aimé connaître la finalité… Les prémisses d’une guerre sans merci qui se serait déroulée à l’intérieur des murs étroits de mon véhicule.

Alors que, conduisant de mon habituelle nonchalance, l’un de mes nouveaux Amishs se met à blatérer qu’il s’y connaît en matière de différence et déclare, dès lors, que la gente féminine est bien trop différente pour prétendre à une quelconque égalité des sexes ! Encore aujourd’hui je retourne la question sans parvenir à une réponse satisfaisante : pourquoi s’était-il mis à en parler et surtout en ces termes, cela m’échappe…

Néanmoins mon fanfaron, de devant justement, faisait face, de dos, à cette petite étudiante, toute pétrie de ses convictions d’aujourd’hui et se révéla, finalement, aussi féroce qu’une lionne défendant son petit (désolé pour mes amies féministes de l’analogie) ! Je ne l’ai jamais véritablement vue qu’en partie à travers mon rétro-viseur et je l’imagine encore maintenant à l’image de ses yeux, flamboyant à l’annonce de l’énormité !

C’est alors que le tonnerre se mit à gronder. Je n’avais vu ni éclair, ni sentit l’orage profiler sous le ciel azuré de cette fin d’été. Non, il prenait source sur la banquette arrière et faisait vibrer les essieux !

Bien entendu, mon fanfaron, loin d’être victimisé, se posa en réflecteur de la pensée masculine et de répliquer mot pour mot à l’argumentaire pesamment crier de la donzelle loin d’être en détresse.

Tout aurait été pour le mieux si le troisième ne s’y était sans doute pas mêlé ! Imaginez un combat de coq à celui (ou celle) qui a la plus belle crête mais n’irait pas plus loin que des caquètement inoffensif. Alors, soudainement, balancez un renard dans le poulailler où nos deux coqs s’entrechoquent. Vous y verrez la débandade de nos gallinacés avant de se défendre, acculés, à coup de bec, de griffes et de cris !

_ Non, mais regardez-vous à tenter de répondre à une question aussi absurde ! J’ai l’impression d’y voir deux narcissiques de la pensée où chacun reste persuadé d’avoir le meilleur sexe ! L’un, sous couvert de tradition, fait valoir sa primauté. L’autre, sous couvert d’une fausse égalité, fait prôner le sien par dessus !

Les yeux écarquillés, ils se mirent à le regarder les insulter d’un sourire incisif ! Ce n’était pas en soi la violence de ses propos à leur encontre qui déclencha la troisième guerre et faillit exploser les frontières du véhicule, mais plutôt l’aplomb cynique qu’il portait en rictus à la commissure des lèvres.

Les hostilités étaient lancées et l’on pouvait énumérer tout le sacré qui s’accumulait dans l’air vicié de la carlingue de métal. Sans m’en rendre compte, je roulais à toute berzingue, le pied de plus en plus enfoncé sur l’accélérateur tandis que la pare-brise vibrait des décibels lancés. D’un coup l’univers au complet devint surréaliste, la vitesse dans cette autoroute boisée, le cœur emballé qui rythme la chamaille, les insultes professaient, une accélération totale et pernicieuse de la virée en enfer, une montée en pression qui sifflait sur le feu brûlant de ce combat à trois voix jusqu’au cris, du fond des tripes aussi soudain que surprenant, finit par les faire taire aussi sec.

Un long silence plana dans la voiture, me laissant le temps de me calmer.

_ Si c’est pour vous mettre sur la gueule, je peux vous arrêter de suite, dis-je cramoisi !

Ils ne pipèrent mot et penauds, restèrent dans leur retranchement le reste de la route. Un silence de mort, comme un champ de bataille après cette dernière, un no man’s land que j’aurais traversé seul armé de ma verve.

Bizarrement, à la fin du trajet, avant de se quitter, leur argent encaissé, j’entendis les deux premiers se rabibocher plus que nécessaire et le troisième d’en faire les frais qu’il répondit par un haussement d’épaule prétentieux.

Je me demande pourtant si, en quelque endroit, les engueulades continuent, mais ces combats m’auront, tout du moins, laissé une trace que je garde encore pour les futurs Amishs qui m’accompagnent, un panneau accroché sur la plage arrière et qui les fait souvent bien sourire. En s’asseyant ils peuvent y lire : « interdit de s’engueuler, la joie est donc de mise ! » Ça les rend toujours hilare !

sept 09

Le sac-à-dos de Lucca

Le-silence-des-agneauxA peine débuté, les ennuis commencent, à croire que l’adage : la première impression est souvent la meilleure, n’a jamais été aussi vérifié que cette fois-ci.

Premier voyage, premier compagnons de route. Pour X raisons dont l’énumération me serait fastidieuse, je les passe sous silence et me laisse bercer de vaines illusions que le voyage se passera tranquillement ! Certes il le fut, mais au-delà de tout mot, d’une tranquillité morbide à se sentir proche d’un cimetière un soir de Salem !

Lieu de rendez-vous pris, la station essence proche papineau pour sortir par le pont Jacques Cartier. Au moins j’avais retenu la leçon précédente, même si cette dernière n’empêche pas forcément l’apparition des rocambolesques personnages que vous pouvez récupérer sur la route des Amish©®tm !

Mon amish m’attend bien sagement assis sur le rebord de la devanture, un salut de la main discret en voyant ma berline verte arrivée. Frêle par sa maigreur, on sent ses muscles légers saillir sur ses os, il porte un énorme sac qui pourrait le dépasser par son énormité et ses petits yeux perçants me regardent de côté. Une fouine androgyne sans sourire qui s’approche de ma voiture.

_ T’es mon lift, qu’il me dit de sa voix légère et éteinte.

_ C’est toi Lucca ?

_ Tu peux m’appeler Rocco.

_ Comme l’acteur porno ?

Il reste silencieux, le vent se lève d’un coup, malgré l’été finissant, il fait froid d’un coup. Il reste debout à tenir son sac, ressert sa prise dessus.

_ Tu veux le mettre dans le coffre ?

Il me fait non de la tête, ouvre la portière avant et s’installe. Un dernier regard autour de moi, l’impression que je ne reviendrais pas indemne de ce trajet. Je chasse de mon esprit cet macabre pensée et prend la route.

Le premier quart d’heure reste tout aussi silencieux et une odeur plane dans la carlingue. Je n’arrive pas à mettre la main dessus tant c’est léger. Plutôt une fine et impalpable sensation qui repose lourdement au-dessus de notre tête.

_ Alors tu vas à Québec pour le travail, je lui demande ?

Il fait non de la tête.

_ Loisir alors ?

De nouveau ce « non » à faire peur.

L’asphalte se déroule devant nous, il n’y a quasiment personne sur la route. Manque de bol, la radio a rendu l’âme quelques jours plus tôt. Aucun moyen de remplir le vide qui se creuse entre nous. Créer une forme de sociabilité devient de plus en plus difficile à mesure que l’on avance. Ça s’amenuise avant de disparaître.

Je regarde de nouveau son sac-à-dos, il le porte sur ses genoux, serré contre lui comme un bien précieux. Il s’agit peut-être d’un sac d’argent. Le gamin vient de faire un braquage et fuit par ses propres moyens vers une autre ville. Je divague à m’imaginer ce que contient ce sac. Je suis loin de la vérité. Tout le monde serait loin de la vérité.

_ T’es sûr que tu veux pas le mettre à l’arrière ?

Il me lance un regard noir, l’idée est hors limite.

La route continue et je continue d’imaginer ce que contient son sac-à-dos, le sac-à-dos de Lucca. Peut-être toute sa vie, le gamin fugueur emporte livres et vêtements, une partie de son enfance pour ne pas oublier qui il fut et qui il veut devenir. J’étais encore loin, trop loin…

_ Sinon c’est quoi tes centres d’intérêts ?

_ La cuisine, me répondit-il laconiquement.

De nouveau un long silence et ce sac qui m’attire du regard, un livre en dépasse sur le coin. Peut-être contient-il des instruments de cuisines et des sac-à-lunch, de quoi le sustenter dès son arrivée à Québec !

_ C’est quoi ton livre ?

_ Manifeste Anthropophage d’Oswald de Andrade.

_ Ah !? T’as des origines brésiliennes ?

Ne me demandez pas pourquoi cette question est apparue dans mon esprit, mais, après coup, je pense que j’occultais la terrible vérité. Inconsciemment, je tendais à diminuer l’atmosphère lourde qui ne cessait d’augmenter autour de nous jusqu’à en devenir insupportable. Comme cette odeur étrange et inconnue qui m’assaillait les narines.

N’y pouvant plus, je me tente à lui poser la question.

_ Il y a quoi dans ton sac !?

Encore une fois ce regard fulminant, je suis hors-limite et il me le fait comprendre. Je sens autour de moi l’air vicié me prendre à la gorge, m’étouffer lentement. Il me faut, pour ma propre sécurité, me sortir de cette situation. Dans la nuit tombante, les arbres de la forêt entre Québec et Montréal se présentent menaçant.

_ Je te demande simplement parce que tu sembles y tenir plus qu’à ta propre vie.

_ Il y a des choses que tu aimes plus que toi-même, bien plus…

C’est la première fois qu’il fait une phrase aussi longue, ça me fait peur, sa voix et lourde, plus rauque qu’au début. Sous la lumière des phares adverses, il prend une attitude éthérée qui le rend presque impalpable. Son sac, sur ses genoux, le contraint à s’enfoncer encore plus loin dans son fauteuil.

_ J’aurais fait n’importe quoi pour lui, dit-il sombrement, n’importe quoi… !

Il se retourne vers moi, un petit rictus aux lèvres, une lueur qui passe rapidement dans les yeux.

_ Andrade avait raison, il me fallait manger sa culture pour qu’il vive à jamais en moi…

Il reste silencieux tout le reste du trajet. Je n’ai jamais su ce que contenait son sac, mais l’impression d’y être passé près me hantera encore et toujours. Je l’ai laissé quelque part en pleine nuit dans les rues de Québec. Je le vois encore déambuler, ce cadavre, cannibalisant quelques victimes de sa présence, son terrible sac sur le dos…

sept 02

Sur l’engueulade

engueulade_ Assez ! J’en ai assez, cria-t-elle soudainement !

_ Crier, ça va encore, je peux supporter, mais meugler ! Ça je peux pas ! Alors tu vas descendre d’un ton, mugit-il à son encontre.

_ Moi je meugle, répondit-elle une octave largement au-dessus !

Car en matière d’engueulade, vous autres, mesdames, détenez un organe dont la supériorité auditive n’est plus à prouver !

A croire que la surenchère de décibels permet de mieux se faire entendre alors que l’autre, rendu sourd par tant de bruit, n’écoutera déjà plus ce que le premier (ou la première) lui aurait dit ! Il ne sert à rien de s’égosiller, on finit toujours par devenir muet à trop vouloir clouer le bec !

Mais pourquoi cette engueulade si soudaine couchée sur ces pages aussi sereinement qu’un étudiant la veille d’un examen important ?

_ Mais tout simplement parce que les réflexions inutiles de la dernière fois étaient bien trop sérieuses, espèce de cancre décérébré et dégueulasse !

_ Moi je suis un cancre !? Tu t’es regardée avec tes varices cérébrales complètement explosées, grognasse !?

Le langage a tout du moins fleurit de par le monde et s’enrichit toujours plus qu’il s’actualise au jour le jour !

Imaginez plutôt un langage d’autrefois lancé aujourd’hui :

_ Vous n’êtes qu’un gougnafier de fesse-mathieu !

_ Moi un gougnafier !? Z’êtes regardées, puterelle défraîchie !?

Bizarrement le coup de fouet censé vous frapper devient moins puissant et plus amusant ! Et nos insultes, un jour, paraîtront aussi désuètes ! La seule constante reste l’« asse » terminant chaque mot féminin tel que pouffiasse, connasse, pétasse,… et non, joint de culasse n’est pas une insulte…

_ Tout ce que tu mérites, c’est une branlée !

_ Je te préviens ! Si tu frappes, je cris ! Je cris, j’ai dit !

Pourquoi tant de violence ? A croire que le défouloir de tant de haine se situe dans le coup porté et le claquement de la chair contre la chair, les griffures, les plaintes et autres formes de tendresses masochistes particulières ! Notre nature est-elle si profondément liée au combat que nous ne voyons rien d’autre pour exsuder notre animosité ?

Pourtant il en existe bien un autre, de défouloir, qui ne nécessite que peu de moyen, à pratiquer à deux (ou tout seul, mais c’est moins agréable) et qui résout toujours mieux les pics verbeux qui dépeignent la colère !

_ Tu m’énerves !

_ Toi aussi !

_ Je t’aimes !

_ Moi non plus !

En définitif, pour les couples, rien de mieux qu’une mise à niveau avant de s’écrouler, heureux et fatigué, d’un sommeil léger, l’un près de l’autre après s’être évacué par tous moyens !

Et si cela ne se termine pas de cette manière, il est toujours grand temps de redevenir célibataire ! Surtout ne vous avisez pas de professez le contraire !

août 26

Le rendez-vous

93152330Le choix du lieu est aussi important en covoiturage que le paiement final avant de laisser partir vos compagnons de route sous le soleil couchant de l’ouest sauvage…

Aussi important que lorsque vous invitez votre nouvelle conquête ! L’analogie est la même : on évite toujours d’emmener sa petite amie dans le Mcdo©®tm d’un centre commerciale régional derrière les usines de retraitement de la banlieue Est de n’importe quelle cité du monde ! Et si par malheur vous lui donniez rendez-vous, sans aller la chercher, vous risqueriez de l’attendre longtemps… et vous pourriez d’ors-et-déjà vous en trouver une autre !

Le rendez-vous doit, surtout, être accessible à pied ou en métro ! L’Amish©®tm proposant ses services à ceux qui n’ont pas de voiture justement !

C’est ainsi que mon colocataire, Raphaël, s’est retrouvé dans une histoire étrange alors que je le déposais dans la zone nord d’un complexe d’entrepôt vers 18H en plein crépuscule, sous une pluie battante. Je l’ai vu s’éloigner et, pour tout vous dire, espérer secrètement qu’il ne revienne pas en voyant l’endroit. – Manque de bol, il est revenu, avec de nouveaux amis, mais c’est une autre histoire…

Il y avait une vieille station essence aux pompes mécaniques légèrement rouillées qui attendaient depuis une éternité d’être actionner. Mais le pompiste n’en faisait rien, il devait même jusqu’à avoir oublié leur propre existence, peut-être même la sienne à fixer du regard une horloge murale au-dessus de sa porte.

Raphaël, sac en bandoulière et sourire niais, fit sonner la clochette d’entrée sans qu’il ne cille une seule fois, les yeux toujours levés au ciel à fixer chaque seconde s’égrainer. Assis sur un banc de fortune, Raphaël attendait, lui-aussi. Il n’y avait que ça à faire de toute façon.

A 18H pile, une voiture s’engagea dans le parking de la station et le pompiste, réanimé, sortit un fusil de sous son comptoir. Raphaël le salua de la tête avant de sortir sans remarquer, une seule seconde, l’arme.

Il s’avança dans le silence oppressant de la nuit et ses pas résonnaient sur l’asphalte détrempé tandis qu’il se dirigeait vers la berline noire. La porte s’ouvrit à l’arrière mais personne n’en sortit. Y voyant une invitation, il s’engouffra à l’intérieur.

Le conducteur de la voiture, trench-coat noir, le regardait à travers le rétro-viseur, ses yeux perçant d’un bleu profond.

_ C’est toi l’Amish ? Dit-il avec un accent italien prononcé.

_ Ouais, Raphaël, enchanté !

Il avança sa main, mais le conducteur n’en fit rien. Il resta un moment le bras suspendu pour rien avant de se rasseoir.

_ Il y a quoi dans ce sac ?

_ Oh ! Juste mon linge sale… répondit Raphaël

Le conducteur éclata de rire !

_ Ouais, moi aussi je transporte mon linge sale dans le coffre !

A ce moment, une autre voiture arriva et déposa un homme caché dans imper gris et un long chapeau. Il entra à l’arrière et sursauta de surprise en voyant Raphaël assis à côté de lui.

_ C’est qui ça ? Demanda-t-il, choqué.

_ Vous inquiétez pas, répondit le conducteur, c’est un Amish !

_ Amish ou pas, nous devions être seuls !

_ Bonjour, moi c’est Raphaël, fit-il en tendant sa main !

_ Relaxez-vous, il n’y a rien à craindre !

_ Bon, vous l’avez au moins ? Demanda l’homme à l’imper qui éluda magnifiquement la main tendue de Raph.

_ C’est dans le coffre.

_ Il y a intérêt à ce que ce linge sale ne m’éclabousse pas !

_ J’ai un ami nettoyeur si ça vous intéresse ! Il fait disparaître les tâches rapidement, sortit fièrement Raph !

Le conducteur éclata de rire, contrairement à l’homme à l’imper.

_ C’est une menace, demanda ce dernier ?

_ Non ! Pourquoi ? C’est juste pour vous aider, répondit-il naïvement.

L’homme à l’imper se tourna alors vers le conducteur.

_ Ecoutez-moi bien ! Dans cette histoire, on est dans le même bateau vous et moi…!

_ Ben non, c’est une voiture, commenta Raph !

_ …Et c’est pas un mormon…

_ Amish, rectifia le conducteur.

_ … qui va me faire peur ! Mon Ost…

_ Hey ! Pas la peine d’être malpolie, cria Raph ! Vous voulez que je le fasse descendre ?

Et le conducteur d’éclater encore de rire.

_ Non, gamin, pas la peine. Quant à vous, tout est réglé, vous avez juste à le récupérer dans le coffre.

L’homme à l’imper sortit, furieux, ouvrit le coffre et le referma violemment en sortant un compteur d’eau.

_ Bizarre ce mec, se dit Raphaël tout haut. Tout cette histoire pour un compteur d’eau cassé !

Et la voiture de partir de la station essence. Le pompiste sortit sur le pas de la porte, sous la lumière défectueuse de son installation, fusil à la main, cigarette allumée sans éprouver de gêne à fumer prés des pompes.

Il s’avança vers l’homme à l’imper et lui tapota l’épaule au moment où ce dernier rentré dans sa voiture. En se retournant, il n’entendit que le bruit assourdissant de l’arme.

Dans la voiture Raph sursauta.

_ Tiens, on dirait qu’il y a de l’orage !

_ Hé hé ! Je t’aime bien gamin !

Il passa sa main à l’arrière afin de le saluer chaleureusement.

_ Alors on est parti ! Et tu vas me raconter ta petite histoire, gamin…

Le vieux pompiste, au-dessus du corps ramassa la seule chose qu’il l’intéressait, une montre à son poignet qui égrainait chaque seconde.

août 19

Sur la bienséance langagière

petrolanL’autre jour, alors que j’effectuais quelques emplettes nécessaires, je tombe sur un shampoing qui devait me permettre de renforcer mes cheveux, afin de ralentir la lente progression de ma calvitie. Alors que je me penche sur le produit, à lire ce qu’il contient, son effet – juste pour me rassurer que, oui, il s’agit bien d’un produit pour les dégarnies latents… – et tandis que je m’attends à voir, sur l’étiquette du bas, la sempiternelle : « anti-chute », voilà que le nouveau produit porte la mention, bien plus classieuse de : « cheveux en situation de chute » !

Certes, il y a toujours celles et ceux qui ne saisiront pas le choc et le sourire que cela peut provoquer en la lisant. Cela reste tout à fait logique, la chute est une situation comme une autre, et un cheveu peut parfaitement être dans ce cas précis !

Après tout, l’une des définitions de situation est celle-ci : État dans lequel se trouve une chose à un moment de son évolution.1

Il s’agit donc d’un état naturel du cheveu que de se retrouver en position de chute… ? Vraiment ? Ce n’est pas l’homme qui perd ses cheveux ? Non ? Vous entendez la différence entre les deux phrases ?

Dans le dernier cas, nous annonçons clairement que l’homme devient chauve, tandis que dans le premier, nous le sous-entendons implicitement – pléonasme voulu – en déplaçant le problème à travers le langage : le cheveu ne chute pas directement, il se trouve sur le point de le faire !

C’est ce qu’on peut appeler de la bienséance langagière ! Cette même bienséance qui vous interdit d’utiliser certains termes, certaines familiarités, rentrés, désormais, dans une nouvelle catégorie, qui n’est pas non plus vulgaire, mais plutôt politiquement incorrecte !

Et c’est en cela que je m’insurge aujourd’hui ! Cette forme latente de perversion hypocrite qui affadie notre langage au nom d’un respect d’autrui a priori, puisque cela rejoint la très controversée discrimination positive – on y reviendra peut-être dans ces pages !

Ainsi, en exemple de cette perversion, le terme nègre littéraire – déjà en soit une bienséance langagière puisque le terme réel consacré est nègre – qui désigne, donc, comme son nom l’indique, l’écrivain qui prête sa plume à la place d’un autre, est peu à peu remplacé par le terme plus correcte d’écrivain fantôme ou, en France, tout du moins, par son homologue anglais de ghost writter ! (oui, parce qu’en France on aime les anglicismes).

Certes, je ne nie pas que le mot nègre peut générer une connotation négative due à l’esclavage et à la colonisation. A contrario, le Ghost Writter peut faire rêver par son côté romanesque d’écrivain à la pige modulant son style pour s’adapter à une œuvre plus grande qui le dépasse… La réalité est bien plus sombre, il me semble. Ce travail à la pige a tout de la traite négrière tant la plume fantôme disparaît dans l’ombre de son maître qui en tire tout bénéfice ! – Le papier de banque est fabriquée avec du coton…

Que ce soit dans l’acceptation ou le refus de ce « parler correcte », c’est un fait : il est partout, matraqué à longueur de journée, on ne peut y échapper ! Mais je continuerais de choquer par mon parler « crûment » si familier, tout comme, je l’espère encore cent ans, la gouaille parisienne et le joual québécois !

La langue est si fragile, pourquoi la forcer de peur de la casser !?

1CNRTL :http://www.cnrtl.fr

août 13

L’inscription

15393614-personnage-de-dessin-anime-mammoth

Parce qu’il y a un début à tout, me voilà devant l’écran de mon ordinateur, à hésiter, le doigt fébrile sur la souris, le front en sueur, transpirant de réflexion, sous le scintillement artificiel de mon ampoule de salon située juste au-dessus de mon crâne, sans oser cliquer plus loin pour terminer mon inscription !

Pour comprendre cette situation, il faut remonter plus loin en arrière, à l’époque l’homo- sapiens sapiens se déplacer à pied, face à toute cette nature environnante, à la suite des grands troupeaux qui leur servaient de nourriture. Mais déjà, à cette ère reculée, l’homme ne voyageait jamais seul, il était accompagné de sa famille, mais aussi, de temps en temps, de co-marcheurs qui se déplaçaient avec lui et participaient aux frais carnés du voyage !

Alors me voilà à me poser la question ! Pourquoi est-ce que je ne ferais pas de même ? Bon je dois dire que l’idée m’a été insidieusement martelée par mes amis proches qui n’ont eu de cesse de m’évoquer ce système particulier mis en place au Québec ! Après, comme j’effectuais le voyage Montréal-Québec chaque semaine, pourquoi ne pas profiter de cette manne afin de réduire mes frais de transport ? Certes, le papier est moins nourrissant qu’un bon steak de mammouth, mais je ne pense pas qu’un pompiste accepterait que je le paye en mammouth non plus…

Bref, le nom qui revenait souvent était Amish express©®tm, société créé, comme son nom pourrait ne pas l’indiquer, par des Mormons, afin de trouver d’autres membres restaurationniste pour voyager entre les différentes communautés, et qui s’est démocratisée par la suite aux laïques…

Me voilà donc à remplir les petites cases de l’inscription : nom, prénom, âge, sexe, langue parlé, préférence sexuelle, groupe sanguin, numéro d’assurance sociale, animal de compagnie, numéro d’assurance sociale de l’animal de compagnie, etc. lorsque, débarquant de nulle part, mon colocataire – qui, lui, participe au frais de mammouth – me sort avec sa naïveté habituelle : « Oh ! Tu t’inscris sur Amich ? Tu sais, j’en fais souvent, et je dois dire qu’on tombe sur des gens bizarres, mais vraiment bizarre souvent ! Enfin, tu fais comme tu le sens… Un morceau de cuisse ? » Et de me présenter la viande saignante sous le nez que je refuse d’un mouvement de tête alors qu’il repart à l’assaut de sa carnation d’un haussement d’épaule.

Le doute m’assaille, la peur de rencontrer des gens bizarres et de vivre des trajets rocambolesques, le souvenir même des ces vacances d’enfances à vivre le cauchemar des longues routes interminables sans clim et Chagrin d’Amour en fond sonore, la nausée de devoir retrouver chaque année sa grand-mère au poil disgracieux qui raconte ses problèmes d’incontinences, et par le biais de l’association d’idée, je me vois entouré de mes grands-mères durant ce covoiturage qui me parlent de leurs incontinences, philosophiques cette fois-ci.

Mais il faut savoir prendre des risques, je chasse ces idées et je clique finalement. Me voilà officiellement devenu un Amish !! La page se réactualise : il faut encore payer pour valider…

Articles plus anciens «

» Articles plus récents