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sept 02

Sur l’engueulade

engueulade_ Assez ! J’en ai assez, cria-t-elle soudainement !

_ Crier, ça va encore, je peux supporter, mais meugler ! Ça je peux pas ! Alors tu vas descendre d’un ton, mugit-il à son encontre.

_ Moi je meugle, répondit-elle une octave largement au-dessus !

Car en matière d’engueulade, vous autres, mesdames, détenez un organe dont la supériorité auditive n’est plus à prouver !

A croire que la surenchère de décibels permet de mieux se faire entendre alors que l’autre, rendu sourd par tant de bruit, n’écoutera déjà plus ce que le premier (ou la première) lui aurait dit ! Il ne sert à rien de s’égosiller, on finit toujours par devenir muet à trop vouloir clouer le bec !

Mais pourquoi cette engueulade si soudaine couchée sur ces pages aussi sereinement qu’un étudiant la veille d’un examen important ?

_ Mais tout simplement parce que les réflexions inutiles de la dernière fois étaient bien trop sérieuses, espèce de cancre décérébré et dégueulasse !

_ Moi je suis un cancre !? Tu t’es regardée avec tes varices cérébrales complètement explosées, grognasse !?

Le langage a tout du moins fleurit de par le monde et s’enrichit toujours plus qu’il s’actualise au jour le jour !

Imaginez plutôt un langage d’autrefois lancé aujourd’hui :

_ Vous n’êtes qu’un gougnafier de fesse-mathieu !

_ Moi un gougnafier !? Z’êtes regardées, puterelle défraîchie !?

Bizarrement le coup de fouet censé vous frapper devient moins puissant et plus amusant ! Et nos insultes, un jour, paraîtront aussi désuètes ! La seule constante reste l’« asse » terminant chaque mot féminin tel que pouffiasse, connasse, pétasse,… et non, joint de culasse n’est pas une insulte…

_ Tout ce que tu mérites, c’est une branlée !

_ Je te préviens ! Si tu frappes, je cris ! Je cris, j’ai dit !

Pourquoi tant de violence ? A croire que le défouloir de tant de haine se situe dans le coup porté et le claquement de la chair contre la chair, les griffures, les plaintes et autres formes de tendresses masochistes particulières ! Notre nature est-elle si profondément liée au combat que nous ne voyons rien d’autre pour exsuder notre animosité ?

Pourtant il en existe bien un autre, de défouloir, qui ne nécessite que peu de moyen, à pratiquer à deux (ou tout seul, mais c’est moins agréable) et qui résout toujours mieux les pics verbeux qui dépeignent la colère !

_ Tu m’énerves !

_ Toi aussi !

_ Je t’aimes !

_ Moi non plus !

En définitif, pour les couples, rien de mieux qu’une mise à niveau avant de s’écrouler, heureux et fatigué, d’un sommeil léger, l’un près de l’autre après s’être évacué par tous moyens !

Et si cela ne se termine pas de cette manière, il est toujours grand temps de redevenir célibataire ! Surtout ne vous avisez pas de professez le contraire !

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