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oct 21

Un monde parfait

crépuscule de l'illusionVous vous souvenez de cet exercice que l’on nous donne à faire à l’école ? Celui, de notre tendre enfance, où l’on nous demandait de décrire le monde tel que nous aimerions le voir, sans guerre et sans violence.

Vous vous souvenez, dans ces pages, la beauté et la candeur transparaître d’une touche d’illusion ? A refaire le monde du haut de votre mètre, sans aucun reproche, ni aucune contrainte ! Et la pensée de perdurer encore et toujours, seul ou à plusieurs, réinventant ce que le mot pouvait, en substance, signifier !

Alors un jour, bercer par votre cœur, il se soulève au bonheur de voir apparaître à vos yeux la joie et l’allégresse des possibilités de ce monde ainsi créé.

Dans ce monde parfait, les gens seraient connectés les uns aux autres, sur la toile du réseau, jamais totalement séparé par la distance, à communiquer ensemble et partager ses ressemblances.

Dans ce monde parfait, l’accès à la connaissance serait si facile que des révolutions sans violence amènerait la liberté aux femmes et aux hommes de chaque pays.

Dans ce monde parfait, l’entraide serait de donner sans même penser à recevoir, de réagir à la catastrophe dès qu’elle survient et de fournir un toit et un repas à un enfant en détresse.

Et plus personne ne serait jamais seul.

Et plus personne ne serait jamais triste.

Et plus personne ne serait jamais oublié.

Mais c’est un monde parfait au regard d’un enfant ou bien d’un adolescent, et même certains d’entre-eux arrive à voir à la supercherie.

Il faut bien un jour grandir et voir s’étendre, autour de nous, le Crépuscule de l’Illusion. Il faut, un jour, faire face à sa propre réalité.

Dans ce monde parfait, la communication n’aura jamais été autant aussi difficile. A force de se parler, à tort, à travers, par tous les moyens qui bourdonnent à nos oreilles, on en oublie le sens et le poids des maux, à blesser par la parole les êtres qui nous sont proches.

Dans ce monde parfait, la connaissance croule sous les invraisemblances, chacun y participe de sa propre vérité, effaçant la recherche et la réflexion par la facilité de croire au discours du plus grand nombre.

Dans ce monde parfait, l’entraide n’est que la façade pour se dédouaner et s’alléger une conscience. L’entraide n’existe que par la misère, que ce soit dans les deux sens, l’enfant meurt toujours de faim.

Et nous sommes toujours aussi seul parmi les autres.

Et nous sommes toujours aussi triste quand autour de nous n’est prôné que le bonheur.

Et nous sommes toujours oublié, comme nous oublions toujours ceux qui compte ou qui ont compté, en bien ou en mal, un moment ou à un autre.

Alors un jour, sans s’en apercevoir, nous devenons vieux à notre tour avec ou sans famille, à attendre la mort, seul, et nous nous souvenons avec délice, en voyant les enfants vivre autour de nous, qu’un jour nous y avons crû, comme eux, à ce monde parfait, en écrivant nos rédactions ! Un jour, il n’y a pas si longtemps, nous vivions notre propre Illusion et qu’Elle perdurera tant que la vie, elle-même continuera.

Ce n’est pas la perfection qui nous fait avancer, mais l’Illusion de l’atteindre, un jour. C’est peut-être en cela que réside la beauté de ce monde parfait ? Quelque part, à mi-chemin entre le soir et le matin, dans un Crépuscule sans fin à voir le monde respirer, d’un seul cœur, d’une seule âme, dans les silences où s’échappent des milliers de mots, un cri de joie et de bonheur avant de crier dans le dernier souffle d’un sourire serein : un jour, moi aussi, j’y ai crû, à ce monde parfait… !

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